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Protéger le potager en hiver

Neige, gel, vent glacé… Pas de panique, avec quelques précautions, au potager, légumes et fruits s’accommodent sans dommage de ces conditions un peu rudes.

Quand l’hiver est là avec son cortège de froidure, de vent, de gel, voire de neige, le jardinier se doit de rester vigilant et de protéger les légumes encore en place s’il veut continuer de profiter de ses récoltes. Il peut intervenir en amont, en paillant et protégeant le sol pour atténuer les effets du froid ou, à défaut, lorsque le froid est là pour éviter les dégâts. Conseils d’un jardinier avisé, Jean-Luc Eychenne, paysagiste.

 

« Ne laissez pas la terre nue ! »

 

Q : Quelles sont les précautions à prendre à l’arrivée du froid ?

J-L E : Une règle de base au potager est de ne pas laisser la terre nue. Or, en automne déjà, la plupart des planches sont vides, les récoltes ont été faites. Les cultures ne reprendront qu’au printemps. Et dans l’intervalle, il faut couvrir la terre pour protéger les sols : avec de la paille, du carton, du mulch ou, mieux encore, des engrais verts plantés dès septembre (moutarde, facelia…) qu’on enfouira lorsque l’on aura besoin de la planche pour ses plantations. C’est important pour enrichir le sol en protégeant la faune microbienne essentielle à la dégradation de la matière organique donc à la nutrition des futures plantations.

A chacun de moduler le calendrier de ses interventions selon sa situation géographie, la rudesse du climat et les variations de la météo.


Q : Sur les cultures encore en place, quels sont les meilleurs modes de protection ?


J-L E : S’il neige, les blettes ou épinards risquent de brûler. Le mieux est de mettre en place un tunnel avec des arceaux, recouvert de film plastique ou de voile d’hivernage P17 ou P30. Le voile d’hivernage est à préférer car il protège non seulement de la neige, mais aussi des fortes variations de froid. Le P30 en particulier.

Pour d’autres légumes, comme les légumes racines, carottes, navets, ou même les poireaux, ces légumes qu’on peut laisser en place tout l’hiver et arracher au fur et à mesure des besoins, l’idéal est de pailler en couche épaisse les plates-bandes avec de la vraie paille ! La paille évite que la terre gèle en surface donc facilite les arrachages. Mieux vaut pailler que butter qui n’a d’intérêt que pour de très forts gels qui s’installent dans la durée.

Quant aux choux, avec leurs feuilles bien serrées, ils ne risquent rien. Ce n’est pas un hasard s’ils furent pendant des siècles le légume de base de l’alimentation.


Q : Existe-t-il d’autres méthodes pour cultiver en hiver ?


J-L E : La culture d’un potager s’inscrit traditionnellement dans un cycle vertueux avec l’élevage. Les effluents servant à fertiliser les sols. C’est ce qui permet les cultures sur couche, imaginées par Jean-Baptiste de la Quintinie* à Versailles, pour produire malgré les hivers très rigoureux du XVIIe siècle. A reproduire, à défaut de sous-produit d’élevage, en achetant du fumier de cheval en jardinerie à répandre de part et d’autre des rangs de légumes puis à recouvrir de paille en refermant bien.


Q : Est-il nécessaire de protéger aussi les petits fruitiers ?


J-L E : Pailler les fraisiers et nettoyer avant la reprise des plates-bandes, oui. Mais pour les arbustes à petits fruits, framboisiers, groseilliers, cassissiers… l’heure est plutôt à la taille, en dehors des périodes de gel. Ce sont les premiers fruitiers du jardin à être taillés. Ne tardez pas.

 

* Jean-Baptiste de la Quintinie, créateur du potager du roi Louis XIV à Versailles, un potager de 9 hectares dans lequel il a rivalisé d’ingéniosité pour augmenter les rendements et tricher sur les saisons, le roi voulant des fraises dès les début du printemps et des asperges ou des laitues à Noël !

Journaliste, Marie Danger cultive une passion pour les jardins et la faune et flore.

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