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Comment améliorer le sol de votre jardin ?

Patrick Mioulane vous propose chaque mois de découvrir la tâche jardinière à effectuer. Parce que le jardin évolue et a besoin d’entretien tout au long de l’année, ne passez pas à côté des conseils avisés de notre expert du jardin.

Il est rare qu’un jardinier montre une entière satisfaction de la terre qu’il cultive. Elle est toujours trop ceci, pas assez cela… Tout simplement parce qu’un jardin accueille une grande diversité de plantes dont les besoins peuvent fortement différer de l’une à l’autre. Et n’oublions pas le rapport personnel que nous entretenons avec le sol de notre jardin. Est-il facile à travailler ou bien le contraire ? Nécessite-t-il des arrosages fréquents au moindre rayon du soleil ou se détrempe-t-il à la première pluie ? Les plantes y poussent-elles généreusement ou faut-il les nourrir en permanence pour qu’elles se développent ? Dans les lignes suivantes nous vous proposons des solutions pour que s’harmonisent les relations entre le jardin et le jardinier…

Le graal vers lequel on cherche à tendre dans un jardin est l’obtention d’une « terre franche ». Elle se caractérise par des proportions idéales entre les différents éléments qui la composent afin d’assurer une croissance régulière de tous les végétaux (ou presque). La terre franche est composée de 65% de sable, 15% d'argile, 10% d'humus et 10% de calcaire, sans oublier les indispensables microorganismes sans lesquels aucune fertilité n’est possible.

 

Les engrais nourrissent les plantes, pas le sol

Les jardiniers débutants ont tendance à penser qu’il suffit d’apporter de l’engrais pour rendre un sol fertile et voir les plantes pousser de manière spectaculaire. Malheureusement ils sont souvent déçus des résultats, non pas que les engrais utilisés soient de mauvais produits, mais parce que le sol dans lequel ils ont été incorporés, ne permet pas aux plantes de bénéficier de la nourriture qui leur a été promise. C’est un peu comme aller au restaurant le jour de sa fermeture !

          Pour que les plantes poussent, il leur faut : de l’eau, de la lumière, de l’air et des éléments minéraux solubles. Il importe donc d’agir sur deux axes : la structure physique et la vie du sol. C’est ce qui concerne les amendements.  D’une manière générale, on apporte les engrais au printemps et les amendements en automne pour qu’ils puissent s’intégrer à la structure du sol durant l’hiver.

 

Les amendements pour l’équilibre physique du sol

Si les amendements n’agissent pas directement sur la croissance des plantes, en revanche ils améliorent la qualité du sol dont fertilité dépend de l’équilibre existant entre les différents éléments minéraux et biologiques qui le constituent.

Les amendements corrigent le pH (mesure de l’acidité ou de l’alcalinité), équilibrent les proportions entre les minéraux ce qui jour sur l’aération et la rétention en eau. Agents majeurs dans la fabrication de l'humus, les amendements stimulent l'activité microbienne qui rend accessible aux végétaux les éléments fertilisants. Engrais et amendements sont donc complémentaires dans la vie du sol et des végétaux.

 

Les amendements minéraux, une amélioration structurelle

Dans le jardin on utilise surtout le sable et la chaux en tant qu’amendements.

Le sable est un matériau granulaire (composé de grains) provenant de l’érosion, dont les éléments ne s’agglutinent pas entre eux. Le sable ne se compactant pas, il améliore l’aération des sols.

Dans les sols au pH supérieur à 7,5 (donc basiques), il faut utiliser du sable de quartz (sable de rivière). Dans les terres acides (pH inférieur à 6) préférez les sables marins (sables coquilliers) composés des restes de coquillages, composés principalement de carbonate de calcium.

Pour un bon effet drainant, le sable doit être suffisamment grossier (diamètre des grains entre 0,3 et 1 mm). Dans ce cas n’utilisez surtout pas de sable limoneux (sable à lapins) dont les particules très fines (souvent moins de 0,1 mm) s’amalgament facilement.

La chaux ou amendement calcaire est destinée à rééquilibrer le pH dans les terres acides ce qui permet une meilleure disponibilité des éléments minéraux que puisent les racines et notamment le phosphore. Il faut savoir que l’acidification des sols est un processus permanent, lié à la minéralisation des matières organiques et à la respiration des organismes vivants du sol, sans oublier les sécrétions d'acides organiques par les racines des plantes.

Par ailleurs, la chaux décoagule l’argile en formant des agrégats, ce qui permet un décompactage naturel du sol. Le chaulage réduit la formation d’une croûte dure et imperméable en surface, tout en augmentant la rétention d'eau et en réduisant l'érosion du sol.

Au jardin, il est conseillé d’utiliser de la chaux magnésienne (chaux dolomitique) qui est composée d’environ 25% de carbonate de magnésium et 75% de carbonate de calcium. Le magnésium est un constituant important de la chlorophylle, il a donc une action reverdissante sur les feuillages.

Épandez la chaux en septembre/octobre à la dose de 100 g/m2 environ et incorporez-la par griffage dans les 10 à 15 premiers centimètres du sol. Le chaulage favorise un enracinement profond (grâce à une meilleure assimilation du phosphore), ce qui rend les plantes plus résistantes à la sécheresse. La chaux se dégradant lentement, son effet peut durer de 3 à 4 ans selon la quantité qui a été appliquée et le type de sol.

Mais restez modéré dans l’usage du chaulage et ne l’effectuez qu’après une analyse du sol en confirmant le besoin car selon le dicton : « la chaux enrichit le père et ruine le fils ».

 

Les amendements organiques, une panacée à modérer

Si nous avons vu au début de cet article qu’il ne fallait pas confondre amendement et engrais, il en est de même pour amendement et terreau. Ce dernier est dans sa définition officielle un « support de culture », terme qui caractérise tous les matériaux, autres que le sol in-situ, dans lesquels les plantes sont directement cultivées.

On devrait donc considérer comme terreaux tous les substrats dans lesquels on plante directement les végétaux cultivés dans des contenants (pots, bacs, jardinières). Toutefois, dans la pratique, il est courant que l’on mélange du terreau à la terre d’origine lors de plantations ne pleine terre. Dans ce cas, il faut office d’amendement, même si son efficacité sera en réalité limitée.

Les amendements organiques sont considérés aujourd’hui par nombre de jardinier comme une panacée pour les raisons suivantes :

  • Ils permettent d’augmenter la quantité d’humus, en stimulant l’activité microbienne.
  • Ils accroissent la capacité de rétention en eau, en jouant un véritable rôle d’éponge naturelle.
  • Ils favorisent la stabilité physique des terres sableuses en jouant le rôle de colloïde entre les grains.
  • Ils allègent les terres lourdes (argileuses) en coagulant l’argile.
  • Ils permettent une bonne rétention des matières minérales fertilisantes qui ne sont plus lessivées en profondeur.

Il faut toutefois se méfier d’un excès d’usage des amendements organiques car ils ont tendance à acidifier le sol et surtout ils apportent une quantité importante d’azote qui, en excès, favorise la croissance des plantes au détriment des floraisons et fructifications mais aussi profite surtout aux micro-organismes, provoquant dans certains cas une « faim d’azote ».

 

Que sont les amendements organiques ?

Ce sont des produits destinés à entretenir et reconstituer le stock de matière organique stable du sol. Pour simplifier, les amendements organiques permettent d’obtenir de l’humus, grâce à l’activité microbiologique du sol ; l’humus étant le facteur principal de la fertilité d’un jardin. Or, la quantité d’humus se réduit en permanence du fait sa dégradation par oxydation au contact de l’air et de sa « consommation » par les plantes. S’il n’est pas renouvelé, il finit par disparaître et, avec lui, la capacité du sol à nourrir des cultures

Le plus traditionnel des amendements organiques est le fumier, utilisé depuis la nuit des temps. Le fumier est composé des fèces, des urines et de la litière des animaux d'élevage. Son contenu en éléments nutritifs varie en fonction de l'âge des animaux, de leur alimentation, de leur litière, du temps et du mode d'entreposage du produit, etc.

Les fumiers de vache, de cheval ou de mouton ne s'utilisent pas de la même façon, ni pour les mêmes résultats. Le fumier de mouton est très riche mais délicat à utiliser car s’il est insuffisamment composté il peut brûler les racines et provoquer des pourritures en raison d’une décomposition inachevée. Utilisez toujours des fumiers compostés durant au moins et préférez le fumier de vache pour amender la terre. En raison de leur forte teneur en éléments minéraux, on utilise plutôt le fumier de cheval et les fientes de volailles comme des fertilisants.

Les composts se forment par la fermentation et la décomposition d’un mélange de matériaux ayant diverses origines organiques (végétales et animales). Dans les terres lourdes, le compost allège et aère ; dans les sols sableux, il donne du corps en se mêlant aux particules légères pour donner une meilleure cohésion, tout en conservant mieux l'humidité. Véritable « éponge naturelle », il constitue une réserve d’eau. Il fixe aussi les éléments nutritifs apportés par les engrais et neutralise les sols trop calcaires, tout en facilitant le réchauffement du sol grâce à sa teinte noire.

Les vers de terre adorent le compost dont ils ne nourrissent. Ils s'y multiplient et forent dans le sol des galeries remplies d'air qui favorisent le développement des racines des plantes et sont nécessaires à la vie microbienne.

Le lombricompost est le produit de la décomposition des matières organiques par des vers spécifiques (Eisenia foetida et Eisenia andrei) et non les lombrics du jardin. L’avantage de la technique est une absence de fermentation (pas de dégagement de chaleur) et la possibilité d’obtenir des résultats avec un faible volume de déchets. Le problème est la fragilité de cet écosystème et souvent la présence peu agréable de mouches et de moucherons.

La tourbe est potentiellement un amendement car composée d’éléments végétaux, mousses (sphaignes) et sphaignes quasiment fossilisées. La tourbe peut servir à améliorer la rétention en eau des sols sableux, alléger les argiles compactes et acidifier les sols (son pH se situe entre 3,5 et 5). Le défaut de la tourbe vient de sa dégradation très lente et de la difficulté qu’il y a à l’humecter lorsqu’elle est sèche. Cette ressource difficilement renouvelable (les tourbières se forment au rythme de 0,5 à 1 mm par an), entre surtout dans la composition des terreaux et l’on a tendance à moins l’exploiter pour protéger les écosystèmes particuliers dans lesquels elle se forme (les tourbières).

Les algues marines constituent une biomasse importante et disponible que l’on ramasse sur les plages lorsqu’elles s’échouent (varech). Il faut les laisser plusieurs semaines sur le sol, exposées à la pluie afin qu'elles perdent la plus grande partie du sel qui les recouvre (les arroser s'il ne pleut pas). Puis, on les enfouit dans le sol en automne, leur décomposition jouant le même rôle que le fumier, tout en apportant des éléments fertilisants plus nombreux.

Les algues aident à la transformation des nitrates en acides organiques et améliorent la disponibilité de l’azote du sol pour les plantes. Leur Le bon équilibre entre calcium et magnésium favorise le développement racinaire. Les algues sont riches en oligo-éléments tels que fer, cuivre, zinc, bore et manganèse. On peut les considérer comme des fertilisants naturels.

Les algues calcaires (maërl ou lithothamne) qui étaient considérées comme des amendements calciques d’origine organique ne sont plus exploitées en France du fait de la raréfaction de la ressource. Mais on peut continuer à en trouver en provenance de Norvège. Elles contiennent 32% de calcium et 4% de magnésium ainsi que de très nombreux oligo-éléments.

 

Faut-il fabriquer son propre compost ?

La tendance actuelle est à inciter tout le monde à composter ses déchets ménagers, y compris en ville lorsqu’on n’a pas de jardin. Les mini composteurs de cuisine (type bokashi ou lombricomposteur) fleurissent sur les sites internet et promettent monts et merveille ce qui n’est qu’utopie. Car le secret d’un bon compostage, c’est avant tout le volume des déchets ainsi que leur diversité.

Il faut en effet obtenir une bonne oxydation des matières premières, ce qui dégage de la chaleur jusqu’à 70°C, qui va éliminer en partie les semences de mauvaises herbes, les virus, les bactéries nuisibles ainsi que les nématodes

Déchets de tonte, feuilles mortes (évitez celles des rosiers et des arbres fruitiers qui peuvent abriter des germes de maladies), fleurs fanées, plantes en fin de vie, déchets de taille broyés, épluchures et trognons de légumes, marc de café, sachets de thé, sciure, cendres de bois, marc de raisin, arêtes de poisson, croûtes de fromages, poils, cheveux, litière d’animaux, papier, carton… peuvent être compostés.

Obtenir un bon compost nécessite de 6 à 12 mois selon les matières dont il est composé, mais aussi et surtout d’être retourné et tamisé tous les 3 mois. Ne pas oublier d’arroser si les matières à l’origine sont sèches.

Le problème avec le compost ménager c’est que l’on ne connaît pas sa composition, qu’il est très hétérogène (mauvais équilibre carbone/azote) et peut provoquer des carences s’il est mal employé. Sans compter la présence de pathogènes dans le cas où la température ne se serait pas élevée suffisamment, ce qui est le cas le plus courant au jardin d’amateur.

 

©Nicole et Patrick Mioulane/NewsJardinTV

Que penser des amendements organiques du commerce ?

Les composts élaborés proposés dans les jardineries sont fabriqués à partir de déchets organiques très disparates, principalement des fumiers et des « déchets verts », une appellation qui englobe aussi bien les tontes de gazon que les branchages broyés issus de la taille ou de l’élagage ou les feuilles mortes. Ces produits (qui ne doivent pas être enrichis) permettent à la fois d'amender et de fertiliser le sol.

Les amendements organiques vendus aux jardiniers amateurs excluent les boues résiduaires, les produits à risque d’origine animale, les métaux lourds, dangereux pour la santé humaine. Par ailleurs ils sont soumis à des contrôles quant à la présence d’éléments microbiens nocifs pour l’homme et son environnement.

Ce sont donc des produits sûrs et de qualité, dont le seul inconvénient est le prix de revient car il faut compter environ 1kg/m2 pour une bonne efficacité.

 

Pour conclure : amender, c’est une assurance pour le jardin

Au vu de tout ce qui vient d’être exposé ci-dessus, il est facile de comprendre que l’amendement est la clé d’un sol fertile. Il doit être pratiqué chaque année, notamment dans les potagers où le cycle court des cultures constamment renouvelées entraîne des exportations importantes d’éléments minéraux et une forte dégradation de la matière organique.

Depuis l’ordonnance du 17 décembre 2010, il existe un véritable plan de réduction et de valorisation des déchets en France. Par ailleurs, un décret datant du 14 septembre 2022 précise qu’à partir du 1er janvier 2024 : « tous les ménages devront disposer d'une solution leur permettant de trier leurs déchets biodégradables (dégradables naturellement par des micro-organismes vivants). Les collectivités territoriales chargées de la mise en œuvre de cette disposition devront leur proposer des moyens de tri à la source, conjoints ou complémentaires, comme des bacs séparés pour une collecte spécifique, compostage individuel ou collectif... ». L'objectif est de valoriser, sous forme de compost ou de combustible (méthanisation), ces biodéchets constitués pour l'essentiel d'épluchures, produits de cuisine et restes de repas, au lieu de les enfouir ou de les brûler, afin de réduire la production de gaz à effet de serre.

 

Crédits photos : ©Nicole et Patrick Mioulane/NewsJardinTV

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