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Planter en automne, c'est bien mieux !

Patrick Mioulane vous propose chaque mois de découvrir la tâche jardinière à effectuer. Parce que le jardin évolue et a besoin d’entretien tout au long de l’année, ne passez pas à côté des conseils avisés de notre expert du jardin.

« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » ! Cet adage né de la sagesse populaire a été quelque peu oublié par les dernières générations de jardiniers et c’est bien dommage, car les plantes mises en terre durant la période de repos végétatif (de mi-octobre à début mars) bénéficient d’un environnement favorable et d’un temps précieux pour s’installer confortablement afin de démarrer avec plus de vigueur au printemps.

Vu que les activités jardinières vont se bousculer au printemps, il semble judicieux de profiter de l’automne, plus calme, pour travailler au jardin, et préparer dès maintenant le retour des beaux jours, en accueillant de nouvelles plantes.

 

Quand la technique fait oublier les rythmes naturels

Depuis deux ou trois décennies, l’intérêt grandissant des Français pour le jardinage se concentre sur la période printanière et l’on plante allègrement de mars à juin. Outre le fait que l’on ressente une véritable envie de s’activer en plein air au retour des beaux jours, ce déplacement de la saison de plantation a une explication technique.

L’avènement depuis les années 1980 de la production horticole et de pépinière en conteneurs, ces pots noirs dans lesquels sont présentées les plantes de nos jours, a permis de désaisonnaliser les plantations. Les végétaux cultivés en conteneurs possédant l’intégralité de leur système racinaire, ils peuvent être mis en terre quasiment toute l’année (évitez toutefois les périodes de fortes chaleurs en été).

Toutefois, si les artifices de culture permettent aux jardiniers de se jouer des saisons, il n’en est pas de même pour les végétaux qui conservent leur nature profonde et leur rythme biologique. C’est pourquoi une plantation durant la période de repos végétatif est de loin préférable, ceci ne concernant bien sûr que les végétaux dits « rustiques », c’est-à-dire adaptés aux conditions climatiques du lieu où on va les installer. Les plantes frileuses (tomate, géranium, basilic, etc.) attendront bien sûr des jours meilleurs pour faire leur entrée dans le jardin.

Les plantations dites « d’automne » concernent donc : les arbres et les arbustes à feuilles caduques (qui ont perdu leurs feuilles), en particulier les fruitiers et les rosiers, les arbustes persistants, les plantes de terre de bruyère, les conifères, les plantes vivaces et les grimpantes rustiques. On plante aussi en ce moment : les fleurs bisannuelles (myosotis, pensée, pâquerette, giroflée), les bulbes qui fleurissent au printemps (narcisse, jacinthe, tulipe, etc.), et les fraisiers.

 

Qu’est-ce que le repos végétatif ?

Les botanistes désignent par le terme « dormance » le ralentissement du métabolisme des plantes sous l’influence des conditions climatiques. Le phénomène s’observe à partir de fin septembre sous l’action conjuguée de la diminution de la longueur du jour et de l’abaissement de la température. Il se traduit visuellement par la décoloration et la chute des feuilles chez les espèces caduques.

La dormance fait partie du cycle normal de la vie de la plante et c’est le meilleur moyen dont elle dispose pour faire face aux rigueurs du climat ou à des conditions de vie délicates. Une fois dormante, la plante devient pratiquement insensible aux agressions extérieures. Par conséquent elle va supporter sans problème l’arrachage et la transplantation. On peut même dire avec un brin d’anthropomorphisme qu’en état de dormance, elle « ne se rend plus compte » des bouleversements qui se produisent dans son environnement.

La dormance ne signifie pas un arrêt végétatif complet. La plante vit au ralenti. En quelque sorte, elle hiberne… Ce point est très important, car les végétaux mis en terre en automne s’installent tranquillement dans le sol, développant lentement de nouvelles racines, sans entrer en compétition avec la pousse de la partie aérienne. En effet, le système racinaire reste en pleine activité tant que le thermomètre ne descend pas au-dessous de 0°C.

Il n’y a pas de « stress » dû à l’arrachage, au transport et à la mise en place à un nouvel endroit, ni d’arrêt brutal de la croissance. Au moment de la reprise de la végétation au printemps, la plante se comporte « comme si rien ne s’était passé », reprenant son développement sans retard et avec une vigueur tout à fait normale.

Tous les points précisés ci-dessus rendent les plantations d’automne incomparables et bien plus efficaces car une installation « en douceur » assure aux plantes une meilleure longévité.

 

Des conditions climatiques et environnementales favorables

En automne et en hiver, le jardinier n’a plus à redouter l’action néfaste de la sécheresse, mais l’été a permis au sol de bien emmagasiner la chaleur de l’été, ce qui est propice à la reprise des nouvelles plantations.

De fréquentes bruines fines et régulières abreuvent la terre. Même si l’activité des organismes du sol se met aussi au repos, la pénétration lente et en profondeur de l’eau apportée par les précipitations va faciliter l’ancrage des jeunes racines dans leur nouveau domaine.

La végétation sauvage et notamment les herbes indésirables ont aussi pris leurs quartiers d’hiver. Elles ne viennent plus à cette époque, concurrencer les nouvelles plantations. Il en est de même pour les bioagresseurs (insectes ravageurs des cultures et maladies) qui, durant le repos végétatif laissent les plantes tranquilles.

 

Préparer les trous de plantation à l'avance

N’attendez pas le dernier moment pour préparer le terrain. Dès que votre décision d’installer un nouvel arbre ou un arbuste est prise, désherbez et ameublissez soigneusement le sol, et creusez un trou assez grand : jusqu’à 1 m de côté ou de diamètre et 80 cm de profondeur pour un arbre, 60 cm de côté et 50 cm de profondeur pour un arbuste. Laissez ce trou à l’air libre quelques jours, ou même deux ou trois semaines, pour que le sol puisse bien s’aérer en profondeur et profiter d’un ameublissement naturel.

 

Ameublir et enrichir la terre

Émiettez la terre qui a été retirée du trou. Débarrassez-la des cailloux, des morceaux de racines et autres débris. Si le sol d’origine est compact et collant (terre lourde), mélangez-le en quantités égales avec du sable de rivière grossier du compost ou un fertilisant organique à base de fumiers et d’algues.

Dans une terre plutôt légère et sableuse, incorporez seulement l’amendement organique, dans une proportion de deux tiers de terre pour un tiers d’amendement. Cette opération permettra un enrichissement du sol en micro-organismes, qui mettront à disposition des racines les éléments nutritifs nécessaires pour bien nourrir la plante. En effet, sans une activité microbienne intense, les éléments minéraux du sol restent souvent indisponibles pour les végétaux qui en ont besoin pour se nourrir.

 

Remplir le fond du trou et mettre en place un tuteur

Le jour de la plantation, si l’arbre mesure plus de 1 m, installez à l’avance un tuteur. Vous pourrez ainsi vérifier sa stabilité et vous ne risquerez pas d’abîmer les racines en l’enfonçant dans le sol après la plantation.

Jetez de la terre au fond du trou pour qu’elle forme un dôme. Il faut que la partie supérieure des racines de l’arbre ou de l’arbuste se trouve à une dizaine de centimètres de profondeur ou que la partie superficielle de la motte du conteneur affleure le sol ou soit recouverte de 3 cm.

Une planche ou un manche d’outil posé en travers du trou, vous permettra d’apprécier la bonne profondeur. Si l’arbre est greffé, le bourrelet de greffe devra se trouver entre 3 et 5 cm sous le niveau du sol.

N’oubliez pas que la terre que vous avez remuée va se tasser dans les jours qui vont suivre la mise en place de la plante. Il faut en tenir compte pour qu’au final le collet (la jonction entre les racines et la tige) ne se trouve pas trop enterré, sinon la reprise pourrait être compromise.

 

Tailler les racines et les branches

Si l’arbre ou l’arbuste est présenté à racines nues, ce qui est encore fréquent chez les fruitiers et les rosiers, taillez les racines pour éliminer les parties abîmées ou mal positionnées, équilibrer leur longueur et en rafraîchir l’extrémité. Cette intervention va favoriser une bonne ramification des racines principales, tout en provoquant le départ de nombreuses radicelles. Dans le jargon des jardiniers, on parle « d’habillage » des racines.

Si la plante a été cultivée en pot ou en conteneur, sa motte peut être totalement tapissée de racines, ces dernières s’étant enroulées dans le fond du contenant au point de former un chignon. Il faut démêler les racines et les réduire d’environ un quart de leur longueur, cette intervention étant essentielle pour que se développent des radicelles.

Si nécessaire, taillez aussi les plus longues branches pour équilibrer la ramure, éliminez aussi les pousses en excès ou en surnombre. Ne les réduisez pas de plus d’un tiers de leur longueur.

 

Pralinage des racines

Pour favoriser la reprise des plantes à racines nues, il est fortement conseillé de plonger ces dernières dans un pralin. Il s’agit d’une bouillie organique qui, en formant une enveloppe superficielle sur les racines, les empêche de se dessécher et facilite leur développement dans le sol. Fabriqué autrefois avec de la bouse de vache et de la terre glaise, le pralin se prépare de nos jours en diluant dans un seau d’eau du fumier en granulés. Vous pouvez aussi utiliser les produits du commerce qu’il suffit de diluer dans l’eau.

 

Quelques bons gestes pour terminer

Quel que soit le type de plante achetée, en pot ou en conteneur, désolidarisez la motte du contenant en frappant son rebord avec le plat de la main ou le poing, puis faites-la tremper dans un seau d’eau, jusqu’à ce qu’il ne s’échappe plus de bulles d’air. C’est le repère visuel pour indiquer que le substrat est bien réhydraté. Procédez de même si la plante a été vendue en motte enveloppée d’un filet.

Tout arbre d’ornement ou fruitier doit être attaché à un support solide. Placez le tuteur dans le trou avant la mise en place de l’arbre. Ne serrez pas trop les liens autour du tronc car il va grossir.

Positionnez la plante au milieu du trou et disposez les racines en position naturelle, bien étalées tout autour ou posez la motte à plat sur la terre. Plantez bien droit, pour ne pas risquer de ralentir la végétation et pour éviter de former une plante torve.

Remplissez le trou avec le reste de la terre, en faisant bien glisser les particules entre les racines.  Utilisez une petite baguette de bambou ou un tuteur pour bien faire glisser la terre dans tous les interstices. La présence de poches d’air entraîne le dessèchement des radicelles, compromettant ainsi la reprise.

Tassez avec la main ou le pied, mais sans trop compacter le sol.

Creusez une petite cuvette tout autour du pied de l’arbre ou de l’arbuste et arrosez abondamment (au moins 10 l par arbuste ; le double pour un arbre).

Attendez 2 ou 3 jours pour attacher le tronc le long du tuteur. Utilisez un lien assez souple, par exemple en aluminium capitonné de mousse, afin de ne pas blesser l’écorce de l’arbre.

 

Quelques conseils pratiques en plus

  • Plantez de préférence par temps brumeux, frais, mais hors gel, et si possible sans vent. Opérez dans le milieu de la matinée, lorsque le sol s’est un peu réchauffé et avant les premiers rafraîchissements de la soirée.
  • Faites livrer les plantes, plutôt que de les transporter sur le toit de votre voiture. À 130 km/h, une température de 0°C équivaut à - 8°C environ, d’où des risques importants de lésions sur les plantes.
  • N’installez pas un arbre, un arbuste ou un rosier à l’endroit où il y en avait déjà un, sans changer soigneusement la terre sur une profondeur d’au moins 80 cm. La vieille terre est appauvrie et risque de renfermer des germes de maladies, sans oublier que nombre d’espèces végétales sécrètent des toxines par leurs racines pour empêcher la concurrence.
  • Tenez compte de la croissance future de vos arbres. Ceux que vous achetez sont encore des “bébés” et ils vont prendre de l’ampleur. Éloignez de la maison et des bâtiments, les espèces à port étalé ou évasé.
  • Compléter la plantation d’un paillage naturel de 10 cm d’épaisseur permet d’économiser en moyenne 30% d’eau pour l’arrosage et d’éviter l’invasion rapide par les mauvaises herbes.
  • Rhododendron, azalée, gaultheria, piéris, Kalmia, Enkianthus doivent être installés dans de la terre de bruyère pure. Comptez au moins un demi mètre cube par plante de ce substrat très acide.
  • Les rosiers doivent être plantés de façon à ce que le point de greffe se trouve enterré de 3 à 5 cm environ. Il est ainsi protégé du froid, sans risque de former des gourmands (rejets du porte-greffe).
  • Si vous plantez un groupe de trois arbres, évitez qu’ils ne dessinent un triangle équilatéral. Une disposition irrégulière imitera mieux la nature. Dans le même esprit, évitez de planter des groupes de plantes en nombre pair, cette disposition étant toujours moins réussie sur le plan visuel.
  • Les vivaces caduques et les bulbes seront repérés avec une étiquette en bois ou en plastique, qui portera à l’encre indélébile, l’inscription du nom complet et de la couleur de chaque espèce.

 

Respecter les distances légales de plantation

Attention, à moins de règlements particuliers ou d’usages constants et reconnus, la législation (article 671 du Code civil) impose de respecter une distance minimale entre la haie et la limite des propriétés : 2 m si les plantations risquent de dépasser 2 m de hauteur ; 50 cm pour les végétaux de moins de 2 m de haut à l’âge adulte. Placée sur la ligne séparative de votre terrain avec celui du voisin, une haie sera toujours considérée comme mitoyenne, même si c’est vous qui avez assuré tous les frais de son installation.

Les arbres, arbustes et arbrisseaux de toute espèce peuvent être plantés en espaliers, de chaque côté du mur séparatif, sans que l'on soit tenu d'observer aucune distance, mais ils ne pourront dépasser la crête du mur.

Si le mur n'est pas mitoyen, le propriétaire seul a le droit d'y appuyer les espaliers.

Sachez que dans les zones fortement urbanisées il n'y a pas en principe de distance minimale à respecter le long des limites voisines, mais vérifiez quand même auprès de la mairie.

Toutefois : « Celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres, arbustes et arbrisseaux du voisin peut contraindre celui-ci à les couper » (article 671 du Code civil), soyez donc prudent dans le choix des végétaux que vous plantez dans les petits jardins ou à proximité de vos voisins.

Les règles énoncées ici ne s’appliquent pas aux plantations le long des voies publiques qui dépendent des arrêtés communaux ou préfectoraux.

 

En conclusion : les 10 points forts de la plantation d’automne

  • Un arrachage sans problème
  • Une installation paisible en profondeur
  • Une meilleure résistance aux intempéries
  • La possibilité de planter avec succès de gros sujets
  • Une vigueur accrue du fait de l’absence de stress
  • Un démarrage plus précoce au printemps
  • Un taux de reprise voisine de 100%
  • Une meilleure adaptation aux conditions particulières du jardin
  • Une résistance accrue aux premières attaques parasitaires
  • Pas de soins particuliers après la mise en place

 

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