Pourquoi tondre la pelouse et comment le faire de manière optimale ? [1/2]

Patrick Mioulane vous propose chaque mois de découvrir la tâche jardinière à effectuer. Parce que le jardin évolue et a besoin d’entretien tout au long de l’année, ne passez pas à côté des conseils avisés de notre expert du jardin.

Tondre la pelouse fait partie des opérations d’entretien courantes pour lesquelles on ne se pose que rarement la question du bien-fondé. Tondre, c’est limiter la hauteur du gazon pour le rendre à la fois esthétique et praticable. Mais c’est aussi une intervention importante pour la dynamique même de la pelouse. Alors quand, comment et à quelle fréquence tondre votre pelouse ? C’est ce que nous vous proposons d’examiner en détail dans les lignes suivantes…

 

Pourquoi tondre la pelouse ?

En réduisant la hauteur du brin de gazon, c’est-à-dire la longueur de sa feuille, la tonte contraint la graminée à en former de nouvelles. On obtient donc indirectement un rajeunissement de chaque touffe, ce qui contribue à la bonne santé et à la dynamique de la pelouse.

Pour générer de nouvelles feuilles, la plante doit augmenter le rythme de sa photosynthèse, ce qui est très valable sur le plan écologique (plus de fixation de C02 et plus de rejet d’oxygène dans l’atmosphère). Il est nécessaire d’accompagner cette dynamique par des arrosages (lorsque le temps est sec) et par une fertilisation appropriée, les graminées du gazon ne devant manquer ni d’eau, ni de nutriments.

La tonte va aussi empêcher les graminées (Poacées) de développer leurs hampes florales, ce que l’on nomme l’épiaison. L’épi se forme à l’extrémité d’une tige (chaume) assez raide, dont la présence fait perdre la structure souple et la texture agréable du gazon.

La plante concentre toute son énergie sur la formation des épis constitués des fleurs (épillets), des fruits (caryopses) et des graines. Ceci a pour effet de réduire la formation de nouvelles feuilles et par conséquent la croissance en largeur et en épaisseur de la touffe (tallage).

En favorisant le tallage, la tonte permet aux graminées du gazon d’occuper toute la surface du terrain et donc d’interdire la germination des graines d’herbes sauvages indésirables. Une pelouse régulièrement tondue ne nécessite quasiment pas de désherbage. Dans le cas contraire, les touffes de gazon s’étant peu élargies, vous allez obtenir une pelouse d’aspect dégarni qui sera rapidement colonisée par la végétation sauvage (adventices ou « mauvaises herbes »).

Pour toutes les raisons énumérées ci-dessus, la tonte assure la formation d’un tapis végétal dense et homogène. Une pelouse bien tondue est donc plus esthétique, plus saine et d’un contact plus agréable (très important pour les aires de jeu et les terrains de sport).

 

À quelle fréquence faut-il tondre ?

Tout dépend du type de pelouse que vous possédez, de son usage, de l’aspect que vous souhaitez, de la région où vous habitez, de la météo et de la période de l’année.

On considère en France, qu’une tonte une fois par semaine constitue en moyenne une bonne fréquence pour conserver à la pelouse un aspect qualitatif acceptable. Ceci vaut surtout pour les pelouses dites « rustiques » sur lesquelles on circule de manière modérée et dont on apprécie une esthétique de type « espace vert ».
Les Britanniques (ah les fameux gazons « anglais » !) tondent plutôt deux fois par semaine car ils apprécient un résultat « tapis vert ». C’est la fréquence qu’il faut envisager pour les pelouses dites « d’ornement ».
Si vous utilisez une tondeuse robot, vous aurez remarqué après quelques mois que votre pelouse s’est densifiée et prend un aspect plus esthétique. C’est dû au fait que ce type de machine tond en permanence, ce qui renforce la densité du gazon comme nous l’avons expliqué plus haut.

La composition du gazon peut influer sur la fréquence de tonte. Sachez par exemple que l’agrostide (l’espèce la plus fine entrant dans la composition des gazons) par exemple nécessite une tonte fréquente car elle offre un résultat optimal entre 0,5 et 2 cm de haut. En revanche, les fétuques ovines durette et les fétuques rouges gazonnantes apprécient une tonte relativement plus épisodique, du fait d’une croissance assez lente. Le ray-grass anglais qui constitue l’espèce la plus présente dans la plupart des mélanges pour gazon, donne le « top départ » de la tonte car il pousse plus vite que les autres.

Les pelouses destinées à la décoration et aux activités sportives se tondent plus souvent que celles servant d’espace vert ou de zones de passage épisodiques. On voit de plus en plus les municipalités pratiquer des tontes très espacées (de l’ordre de 4 à 6 semaines) dans ce qui se nomme aujourd’hui la « gestion différenciée ».
C’est un parti pris écologique (mais aussi économique, soyons honnête) qui convient aux prairies-pelouses constituées de différentes espèces de plantes et non pas uniquement de graminées comme les gazons. L’avantage c’est que cela permet de laisser s’implanter une diversité végétale plus grande, l’inconvénient majeur est une hauteur d’herbe peu propice au déplacement et au jeu, surtout par temps humide. (Il faut porter à minima des sabots pour éviter de se mouiller les pieds !)

La région impacte aussi sur la fréquence de tonte selon le type de sol que l’on y trouve et le climat (températures et précipitations). Par exemple en Normandie, l’herbe est plus grasse, plus épaisse, plus poussante que dans la plupart des autres parties de l’Hexagone.

La météo joue bien sûr un rôle majeur sur la fréquence de tonte, la croissance des graminées à gazon s’effectuant dans une fourchette de températures comprises entre 10 et 25 °C. De part et d’autre de ces valeurs, la pelouse entre en dormance (vernalisation par temps froid, estivation par temps chaud).

Sur le plan météo, la fréquence et l’abondance des pluies influent beaucoup sur les périodes de tonte car plus le gazon est arrosé (dans des quantités raisonnables tout de même) et plus il pousse. En revanche, après une dizaine de jours sans eau, il y a déshydratation des feuilles des graminées qui sèchent et donnent un aspect jaunâtre à la pelouse.

En conséquence de tout ce qui vient d’être dit plus haut, les tontes seront en général plus fréquentes au printemps et par temps humide, et plus espacées (tous les 15 à 30 jours) en été par temps sec, voire inexistantes durant les périodes de canicule.

Sachez aussi que plus la tonte est espacée plus elle nécessite de temps. En effet, une pelouse haute nécessite systématiquement de ramasser l’herbe coupée, et par conséquent de vider souvent le bac de la tondeuse. Par ailleurs, il faut aussi plus de puissance pour bien tondre une herbe haute, d’où un investissement plus important au niveau de la tondeuse elle-même.

 

(crédit photo : N. & P. Mioulane / NewsJardinTV)

Share on Facebook Share on Linkedin
Recherche propulsée par ElasticSuite
Mesurez la taille de votre jardin
Dessinez la superficie de votre jardin sur la carte et trouvez les produits les plus adaptés.
Zoomez sur votre propriété. Cliquez ou appuyez pour tracer un chemin autour de votre jardin afin de mesurer la superficie.