Magazine

Et si le jardin vous aidait à vous sentir mieux ?

Les jardins à visée « thérapeutique » sont destinés à améliorer l’état de santé corporel ou mental de leurs visiteurs tout en les invitant à pratiquer une activité physique.

Le jardin et le jardinage ont généralement des effets positifs sur le corps et l'esprit. Lieu d’agrément, le jardin à vocation thérapeutique doit constituer, selon les cas, un environnement stimulant ou apaisant où se promener pour le plaisir. Pour mieux en appréhender la conception nous avons demandé à Sarah Bertolotti, de l’entreprise de paysage le Jardin des Hêtres (07), spécialisée en conception de jardin thérapeutique de nous en présenter les avantages.

 

 

Comment définiriez-vous un jardin thérapeutique et à qui s’adresse-t-il ?

 

enfant en train de sentir une fleur dans un jardin

 

Le jardin thérapeutique est un lieu d’agrément stimulant et reposant à la fois qui permet à des personnes fragilisées, âgées, handicapées de retrouver un équilibre, de pratiquer un minimum d’activité physique et de lutter contre la perte de repères. De nombreuses études, notamment dans les pays anglo-saxons avec les « healing garden », ont démontré l’intérêt des jardins thérapeutiques en appui de certaines thérapies. Par exemple, les jardins sensoriels, conçus pour multiplier les interactions entre l’humain et la nature, permettent à des personnes mal voyantes de renouer avec la vie par l’odorat, l’ouïe et le toucher.

 

 

Comment créer ce type de jardin ?

 

Il est important de l’adapter aux résidents des lieux en tant que support de soins. Le dessin est un travail de paysagiste. Mélange de sensations, de vues sur le projet, etc. Le site doit être pris en considération. Ainsi, un beau terrain à la campagne, avec de vieux arbres qui vont apporter une ombre naturelle, ou un espace construit avec peu d’espace disponible, ne permettront pas la même conception. Cette dernière dépend également du public auquel on s’adresse. Ainsi, pour des malades atteint d’Alzheimer, ce type de jardins aide à lutter contre la perte de repères via la résurgence de souvenirs, de gestes, la restauration du lien aux cycles de la nature, aux saisons avec des gammes de végétaux que l’on trouvait dans les jardins d’autrefois. Le jardin les raccroche au temps qui passe, matérialisé par l’épanouissement d'une fleur, la chute des feuilles... Pour des personnes handicapées, les végétaux doivent être placés à hauteur d’homme ; pour des enfants autistes il faut être au ras du sol, etc.

 

Il est important que le jardin ressemble à n’importe quel jardin et ne soit pas une extension d’un hôpital ou d’une institution de soin. Ceci dit, la sécurité est primordiale dans ce type d’espace. Il doit s’agir d’un lieu sûr, clos, où le promeneur ne doit pas se sentir enfermé. Il faut veiller à créer des allées roulantes pour les personnes en fauteuil, avec des repères tactiles pour les malvoyants, des lieux de repos et des guides pour les personnes fragilisées par la maladie de Parkinson par exemple ; mais surtout à éliminer les plantes toxiques, fortement allergisantes ou piquantes, les branches basses au-dessus des allées, les bordures qui peuvent provoquer des chutes, des revêtements de sol glissants comme les dalles en bois ou les graviers entravant la marche.

 

 

Quels conseils donneriez-vous à un particulier qui souhaiterait créer ce type de jardin ?

jardinage en famille dans potager

 

Pour faire un jardin de soin, il faut déterminer ce que la personne aime faire en extérieur. Est-elle plus sensible aux odeurs, à la cueillette de petits fruits, à la texture des végétaux… Avoir des coins pour se retrouver seuls avec des cabanes en saules tressés d’où l’on peut voir sans être vu ou, au contraire, un espace convivial pour se retrouver avec des amis. L’important est de créer une sorte de cocon de bien-être qui l’invitera à sortir et évitera le repli sur soi. Le jardin thérapeutique doit stipuler les sens : la vue, le toucher par des feuillages duveteux, l’odorat avec des fleurs parfumées et des aromatiques, l’ouïe grâce au chant des oiseaux ou le bruissement des feuillages, et enfin le goût en plaçant des arbustes à petits fruits que l’on peut déguster en se promenant. Autant de sensations qui permettent de renouer avec la vie.

Consultant éditorial consumer magazine chez AG consulting et journaliste chez media jardins

keyboard_arrow_right En savoir plus

Produits cités dans cet article

Accessoires

Articles similaires