Comment bien arroser tout en économisant l’eau [2/2]

Patrick Mioulane vous propose chaque mois de découvrir la tâche jardinière à effectuer. Parce que le jardin évolue et a besoin d’entretien tout au long de l’année, ne passez pas à côté des conseils avisés de notre expert du jardin.

Évitez la corvée d’arrosage avec un programmateur

Il existe de nombreux modèles de programmateurs mécaniques ou électroniques que l’on fixe sur un robinet et sur lesquels on branche un tuyau couplé à un arroseur. Selon la sophistication du modèle, la programmation se règle à la minute près et selon la fréquence désirée (jusqu’à 6 fois par jour).

Si vous ne disposez que d’un seul robinet pour répartir l’eau dans tout le jardin, il faudra sectoriser les zones d’arrosage. Cela consiste à relier chaque arroseur à un tuyau (de couleur différente pour mieux repérer les différents réseaux) et de les réunir sur un sélecteur automatique. Une fois relié à un programmateur qui accepte autant de programme qu’il y a de réseaux, cet accessoire permet d’alimenter l’un après l’autre, de 4 à 6 réseaux indépendants selon les modèles.

C’est bien sûr la solution à préconiser car elle vous fait gagner du temps et surtout permet de vous absenter sans crainte pour vos précieuses cultures.

 

Le bon plan du goutte à goutte

C’est une technique des plus intéressante pour les balcons, les terrasses, les haies et les cultures restant toujours en place (arbres et arbustes). L’avantage est une grande économie d’eau, puisque l’arrosage se fait au pied de chaque plante et à très petit débit (de 2 à 4 l/h), d’où l’absence d’évaporation.

Le système se raccorde à un robinet ordinaire, muni ou non d’un programmateur. L’installation est dirigée par une mini centrale hydraulique qui réduit la pression utile à 1,5 bar et permet de débiter jusqu’à 1 000 l/h
Le tuyau principal (Ø 13 mm) est relié à la centrale. Des réducteurs permettent de créer des réseaux secondaires avec du tuyau fin (Ø 4,6 mm) sur lequel sont insérés les goutteurs. Ces derniers sont placés avec précision au pied de chaque plante.

La plupart des systèmes d’arrosage au goutte à goutte peuvent faire fonctionner des micro-asperseurs ou des brumisateurs qui couvrent de 1 à 3 m2. Ils sont intéressants pour rafraîchir les cultures après une journée de forte chaleur.

Le défaut du goutte à goutte est son côté « puzzle » qui nécessite l’achat d’une foule de petits éléments, dont la liste n’est pas toujours très facile à déterminer à l’avance. On peut aussi lui reprocher sa fragilité intrinsèque, mais c’est agréable à mettre en place et surtout, cela donne des résultats exceptionnels en matière d’économie d’eau et de performance d’arrosage.

 

Le tuyau microporeux une solution pour la terrasse et le potager

C’est un tuyau dont la gaine en polyester tissé laisse suinter l’eau sur toute sa longueur, pour un apport en douceur et une économie d’eau qui peut atteindre 70 % par rapport à l’arrosage par aspersion. Alimenté par un robinet, il fonctionne sous une pression réduite à 0,4 à 1 bar ce qui nécessite souvent l’emploi d’un réducteur de pression à brancher sur le robinet. Le débit est variable selon les modèles de 4 à 9 litres par mètre et par heure.

Le tuyau suintant est très utilisé dans les potagers classiques car il suffit de le tendre le long de la plantation en ligne. L’eau ne profite qu’aux cultures, ce qui limite le développement des mauvaises herbes. Il présente aussi l’avantage d’apporter l’eau au pied des plantes, sans mouiller le feuillage.

Contrairement aux goutteurs et aux micro-asperseurs, le tuyau microporeux se bouche très difficilement car il ne craint pas l’eau calcaire ou chargée en minéraux. Il ne nécessite aucun entretien, mais son usage est limité à une longueur de 25 m.

Le système est aussi intéressant pour les longues jardinières ou les grands bacs de terrasse car il est possible de varier la position du tuyau dans chaque contenant. Entre chaque potée ou jardinière, on utilise un tuyau normal qui se branche par un raccord de type « réparateur ». Cela permet de créer un système d’arrosage personnalisé et précis, sans risque de perdre de l’eau sur le sol.

 

Les ollas : un système d'arrosage ancestral autonome et économe

Il s'agit de récipients en terre cuite (de l'espagnol olla qui veut dire pot) que l’on trouve aussi sous le nom « oya ». Utilisées depuis plus de 4 000 ans dans les régions sèches sur divers continents, ces jarres seulement ouvertes à leur sommet et recouvertes d'un couvercle, sont enterrées jusqu'au col puis remplies d'eau.

En raison de la microporosité de la terre cuite, l'eau se diffuse lentement à l’extérieur de l’olla, alimentant les plantes qui se trouvent alentour. On effectue ainsi un arrosage ciblé, sans évaporation, toute l’eau profitant directement aux racines qui disposent ainsi d’une ressource quasi permanente.

La diffusion de l’eau s’effectue sur un rayon d'environ 30 cm, mais les plantes développant leurs racines vers la poterie, on estime l’efficacité du système à un diamètre d’un mètre environ.

Un olla de 5 litres placé au milieu d’un massif ou d’un carré potager est vidé en 5 jours environ. Le système permet d’économiser de 30 à 50 % d’eau par rapport à un arrosage traditionnel. Il est conseillé de bien pailler le sol autour de l’olla pour éviter tout risque d’évaporation.

Autre avantage : la terre n’étant pas mouillée en surface, les herbes sauvages indésirables ne germent pas, ce qui réduit la corvée de désherbage. 

 

L’arrosage intégré ou la perfection remise en cause

Cette technique consiste à répartir un réseau complet de tuyaux enterrés, reliés à des arroseurs escamotables ou posés sur perches. Tout fonctionne automatiquement selon des réseaux programmés dans une centrale qui commande des électrovannes.

L’installation est assez onéreuse car il faut réaliser des tranchées (30 cm de profondeur) et le matériel est assez sophistiqué, donc coûteux. Même si les systèmes se sont simplifiés (beaucoup ne nécessitent même plus aucun outil pour effectuer les raccordements), il n’est pas toujours évident d’effectuer l’installation soi-même car il faut réaliser un plan de distribution, calculer les différents réseaux en fonction du débit et de la pression disponible, tout en essayant d’optimiser le tout pour n’arroser que les endroits utiles. Mais vous pouvez confier le plan de votre jardin à une jardinerie ou un magasin spécialisé et un logiciel établira le plan précis et la liste détaillée des pièces nécessaires à votre système d’arrosage.

Pour poser les canalisations, vous pouvez louer une trancheuse à godets (rapide et efficace). Si vous pensez refaire votre pelouse prochainement, prévoyez d’y intégrer un arrosage automatique, vous ne le regretterez pas.
Économisez l’eau grâce à l’utilisation d’un coupe-circuit relié à une sonde et un pluviomètre. L’arrosage ne se met plus en route tant que le sol est suffisamment humide. Malgré cela, l’arrosage automatique est souvent critiqué car pour des raisons de simplification des réseaux, on voit souvent des zones inutiles (allées, terrasses) être arrosées. De plus, le système fonctionnant surtout par aspersion, il consomme de grandes quantités d’eau.

 

Et pourquoi pas un forage ?

Dans certaines régions soumises à de longues périodes de sécheresse et pour assurer la pérennité d’un grand jardin, creuser un puits peut s’avérer une bonne idée. À ce sujet, l’article 642 du code civil dit : « celui qui a une source dans son fonds, peut toujours user des eaux à sa volonté dans les limites et pour les besoins de son héritage… ». Le forage d’un puits ne nécessite pas d’autorisation à condition que les prélèvements d’eau soient inférieurs à 40 m3 par jour. Si vous avez l’intention de consommer l’eau de votre forage, il faut le déclarer et présenter une analyse à l’agence régionale de santé (ARS) de votre département.

 

Quelques conseils pratique utiles

  • Ne mouillez pas le feuillage des rosiers, tomates, arbres fruitiers et autres plantes sensibles aux maladies cryptogamiques.
  • Sachez que les plantes d’ombre (hosta, astilbe, fougère, rodgersia, lamier, primevère, etc.) ont besoin d’un sol frais en quasi permanence.
  • Un arrosage trop superficiel du sol (attention avec les terminaux d’arrosage), renforce la sensibilité des plantes à la sécheresse. En effet, les racines se rapprochent de la surface, ce qui les rend plus vulnérables aux fortes chaleurs et à l’évaporation.
  • L’eau qui provient des adoucisseurs convient parfaitement pour le jardin. En revanche, mieux vaut ne pas l’utiliser pour les plantes en pots.
  • L’eau de ville est souvent fortement calcaire. Elle ne convient pas à la longue pour l’arrosage des plantes de terre de bruyère (rhododendrons)
  • Plus le volume d’une plante est important (nombreuses branches au feuillage bien fourni), plus l'évapotranspiration est importante. En période de canicule, n’hésitez pas à supprimer les trois quarts de la longueur des pousses de l’année pour réduire les besoins en arrosage.
  • En été, il est bon d’isoler les pots et les bacs en les enveloppant avec du carton ou des plaques de polystyrène cela ralentira nettement la dessiccation du terreau.
  • Ne tondez par la pelouse trop souvent et trop court (6/7 cm est une hauteur idéale), afin de conserver au gazon son humidité et améliorer sa résistance à la sécheresse.
  • Rappelez-vous l’adage : « un binage vaut deux arrosages » et décroûtez régulièrement la surface du sol afin de favoriser la pénétration de l’eau jusqu’aux racines.
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